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GENERATION RADIOHEAD | LE PLUS GRAND GROUP DE ROCK'N'ROLL DU MONDE
En 2030, lorsqu’on se demandera quel a été le groupe essentiel du début du siècle, beaucoup penseront à Radiohead. À juste titre puisque depuis maintenant plus de 10 ans, le quintet d’Oxford repousse chaque fois plus loin les critères d’excellence du rock.
Radiohead, plus grand groupe de rock du monde ? Ou actuellement, en 2003, qui est capable de soutenir la comparaison face à la carrière sans faille des 5 Anglais ? Dans un style qui leur est propre, une poignée de groupes parmi lesquels les Stones, Led Zeppelin, les Sex Pistols, Joy Division, Nirvana, les Red Hot Chili Peppers à leurs débuts ou KoRn ont clairement apporté leur pierre à l’édifice rock, mais aucune formation actuelle n’a réussi à faire ce que Radiohead a réalisé en une décennie. Pour preuve, Thom Yorke et les siens restent toujours inclassables, en marge, appréciés par beaucoup, tout du moins respectés par tous, originaux et pourtant incopiables.Eux n’ont certes pas ouvert la voie à un nouveau courant, mais ils se sont imposés en affichant sur la durée une conception noble de ce que doit être l’acte musical : une expérience, une recherche constante de nouveaux horizons. Certains - comme moi - ne peuvent alors s’empêcher de les considérer comme ce qui est arrivé de mieux au rock depuis la mort de Kurt Cobain. Sûr en tout cas qu’ils font et feront partie de ces légendes dont nous reparlerons encore dans 30 ans, et ça, on y croit Colin Charles Greenwood BASSE, CLAVIER Né le 26 juin 1969 à Oxford Ancien job : vendeur pour la chaîne de magasins de disques Our Price État civil : marié même cet opus de “pop rock ultime” grâce aux perles High & Dry, Fake Plastic Tree ou My Iron Lung. Reconnu à sa juste valeur, le groupe cherche pourtant à aller encore plus loin et marque définitivement l’histoire du rock avec le brillantissime Ok Computer livré en juin 1997. Premier virage, premiers essais, le quintet annonce là le début de ses expérimentations électroniques et marque les esprits avec le prog-rock Paranoid Android, ou encore les excellents Karma Police et ExitMusic (For A Film). Radiohead a repoussé les limites, et ce n’est qu’un début. Après avoir réalisé leur CD le plus abouti jusque-là, ils évitent une nouvelle fois le split suite à ce nouveau succès et remettent tout en cause avec Kid A (2000). Fini les envolées de guitares de The Bends, terminé les montées et descentes abrasives d’Ok Computer, Radiohead semble bien décidé à ne pas réutiliser de recettes éprouvées et paraît prêt à détruire son image de groupe à guitares en se lançant dans la conception d’un disque déroutant. Un tournant electro qui reste néanmoins fondamentalement rock grâce à des compositions à la force imparable telles que Everything In Its Right Place ou National Anthem. Alors que tout le monde, ou presque, - surtout EMI - voyait là un suicide 1. UN SUCCÈS UNIVERSEL Tous les groupes n’ont pas eu le malheur de commencer leur carrière par un tube mondial ! Pour Radiohead, petit groupe d’Oxford signé chez EMI, le succès de Creep aux USA, en pleine vague grunge, devient très vite un énorme boulet qu’ils ne sont pas encore prêts à assumer, surtout lorsque le phénomène en vient à se jeune groupe se déniaise rapidement et se retrouve vite écœuré par le fonctionnement de l’industrie du disque et l’attente toujours plus pressante des fans qui ne jurent que par Creep. Au bord de la rupture et jurant qu’on ne les y reprendrait plus, les cinq donnent finalement la meilleure réponse qui soit avec My Iron Lung (This is our new song/Just like the last one/A total waste of time - Ceci est notre nouvelle chanson/ Pareille ON ESSAIE D'ALLER TOUJOURS PLUS LOIN, MUSICALEMENT, D'EVOLUER EN TANT QUE MUSICIENS." PHIL SELWAY OK COMPUTER propager dans le monde entier. Devant assurer d’interminables tournées à travers le monde (de l’Europe aux États-Unis en passant par le Japon), le Jonathan Richard Guy Greenwoocf GUITARE, HARMONICA, PIANO, XYLOPHONE... Né le 5 novembre 1971 à Oxford Ancien job : étudiant État civil : marié à la dernière/Une totale perte de temps) et l’album The Bends, sans pour autant réussir à vivre cachés. Encore plus démesuré, l’accueil d ’OK Computer, 3 ans plus tard, confirme la tendance et Radiohead est en passe de devenir un véritable groupe de stades à dimension universelle. Un nouveau pas vers le Rock Hall Of Famé est opéré, l’obtention du label “plus grand groupe de rock du monde” pour des Européens (au grand dam de Muse !) passant toujours par un succès Outre-Atlantique et par des méga-tournées mondiales. Plus tard, Kid A - parachuté à la première place des charts US dès sa sortie en 2000 - et Amnesiac provoqueront presque autant d’engouement. Enfin, Hail To The Thief, débarqué le 10 juin, a réussi à atteindre directement la place de N°i en France et en Grande-Bretagne, celle de N°2 en Belgique, au Danemark, en Finlande et en Allemagne et accroche également la 3' position aux États-Unis, en Italie, en Suisse et en Israël... Un joli pied de nez à toutes les soupes “musicales” de la mondialisation façon Star Academy. 2. UNE REMISE EN QUESTION À CHAQUE ALBUM Malgré plusieurs morceaux de bravoure comme Anyone Can Play Guitar, Pop Is Dead ou Thinking About You, l’album Pablo Honey (février 1993) est étouffé par l’énorme succès de Creep. Il faut attendre deux ans et The Bends (1995) pour que Radiohead enflamme de nouveau les critiques. Beaucoup qualifient tha bends commercial, Radiohead conserve une audience toute acquise à sa cause et prête à les suivre jusqu’au bout de leurs envies. On a le public qu’on mérite ! Renforcé un peu plus dans ses convictions, le g’cuæ continue de se mettre en danger et ira encore dus loin un an plus tard avec Amnesktc (2occ. e dls cérébral et le plus expérimental, qu s’wésre zss même à lorgner sur le jazz. Ma-cus as iaarna^e du quintet, la prise de risque serra* -nên* au rang de principe fondamerna s -r rntf PhilSelway : “On essa e c'a-1er -nuaur; s>«£ loin musicalement, d’évoluer en tant que musiciens. Sans reprendre nos vieilleries, on essaie de trouver des moyens différents de présenter notre musique.” Deux ans ont passé, le 10 juin 2003, Radiohead a révélé Hail To The Thief, sixième album en forme de récapitulatif (d’épitaphe ?), une sorte de best of réunissant le son noise des débuts, les ballades éclairées et plaintives de The Bends et les expérimentations electro des trois derniers chapitres. Une fois encore, le public répond présent, alors que Thom Yorke & co affirment avoir clôturé là une première ère. Une décennie remplie de talent et d’ingéniosité, une discographie pour l’instant parfaite où les risques se sont succédé pour mieux élargir les épaules d’un groupe avide de découvrir de nouveaux territoires de jeux. Mais jusqu’où iront-ils ? 3. DES TITRES QUI RESTENT m» Irenjung. Quoiqu’ils peuvent en penser aujourd’hui, un morceau tel que Creep contribue à faire entrer un groupe dans l’histoire du rock. Véritable standard, à la hauteur d’un Smells Like Teen Spirit, ce titre est gravé à jamais dans les mémoires. Néanmoins, Radiohead a réussi à dépasser le stade du One Hit Wonderen livrant bien d’autres titres tout aussi forts avec High And Dry, Just, Paranoid Android, Karma Police, No Surprises, Idioteque, Knives Out, There pour ne citer que quelques-uns des singles les plus diffusés sur les ondes radio ou TV... Et en attendant Go To Sleep, prochain extrait de Hail To The Thief prévu pour l’automne. pour Thom. The Fall.Tom Waits, Ennio Morricone pour Colin. Miles Davis ou Pink Floyd pour jonny. Flappy Mondays, Roots Manuva, Dinosaurjrou NWApourEd. Le Velvet Underground, Captain Beefheart et Bowie pour Phil. La liste est non exhaustive et pourrait tout studio, le groupe organise - en amont de chaque sortie d’album - des concerts événements afin de présenter un florilège de ses nouveaux morceaux. L’année dernière encore, on les retrouvait ainsi en Espagne et au Portugal pour quelques dates, ce qui permit aux inconditionnels de découvrir en avant-première certains titres de Hail To The Thief, un an avant sa sortie. Un exercice devenu traditionnel et ressenti comme particulièrement excitant par le groupe si l’on en croit cette déclaration de Colin Greenwood : “C’est comme si nous mettions la touche finale avant même d’avoir commencé. C’est ça qui est intéressant.” Pour Ok Computer, mis en bac le 16 juin 97, Radiohead avait assuré plusieurs shows entre mars et août 1996. Pour KidA, ils avaient même intitulé Big Trip leur mini-tour européen de juin 2000,4 mois avant la sortie officielle du LP. De même pour Amnesiac lorsqu’ils ont profité du festival du film indépendant de Sundance le 24 janvier 2001 pour jouer Dollars And Cents, I Might Be Wrong, Pyramid Song et You And Whose Army ? ou lorsqu’ils présentèrent en public l’ensemble de l’album dans les studios de Canal+ le 28 avril 2001 (concert enregistré pour être diffusé au moment de la sortie française, le 5 juin). Récemment, à propos de HTTT, Colin lançait d’ailleurs sur le ton de la rigolade : “Le public a vraiment aimé des morceaux comme There There (premier single extrait du LP) et les morceaux qu’ils n’ont pas aimés n’ont pas été II POUR LA SUITE, JE PENSE QUE J'AIMERAIS JUSTE FAIRE DES EP'S PARCE QUE J'EN Al ASSEZ DE TOUS CES TRUCS QUI ENTOURENT UN ALBUM.." thom yorke —CKMAEH 4. UN LINE-UP NON INTERCHANGEABLE Fait assez rare pour être souligné, le line-up de Radiohead n’a jamais changé depuis les débuts du groupe en 1987 sous le nom d'On A Friday. 16 années passées à jouer ensemble et autant à essayer de se réinventer sans cesse. Une longévité garante de la réussite de la formation tant il apparaît comme une quasi-certitude que celui-ci ne survivrait pas au départ de l’un de ses membres. Car même si Thom Yorke est trop souvent mis en avant par la presse (aucun magazine français n’a mis les 5 membres en couverture cette année !) et ressort généralement comme leader et décideur, Radiohead réfléchit à 5 (voire 6 avec Nigel Godrich considéré comme membre à part entière) et se nourrit des influences diverses de chacun comme le laisse entendre Colin Greenwood : “Nous n’écoutons pas la même musique. Si nous avions eu les mêmes goûts, nous nous serions séparés après le second album !” Des références aussi variées qu’Elvis Costello, Scott Walker, japan, R.E.M., Throwing Muses, Joy Division, Aphex Twin ou Charles Mingus aussi bien être complétée par le Pet Sounds des Beach Boys, les Beatles, Neu !, les Smiths, Gainsbourg... et un goût affiché pour la musique classique ou la techno. L’évolution constante de Radiohead vient aussi de ce melting pot, de ces rencontres avec l’electro expérimentale d’Autechre et Squarepusher ou avec le chanteur égyptien Oum Khalsoum (qui a inspiré les arrangements de Pyramid Song), de cette irrésistible envie de rendre hommage à des artistes jazz I tels que Miles Davis (Subterranean Homesick Alien), Louis Armstrong (Life In A Glasshouse) ou Alice Coltrane (Dollars And Cents). Et puis, surtout, au-delà de cet assemblage d’influences, la force de Radiohead réside aussi dans le talent I individuel de ses musiciens. I Car oui, il y a la voix plaintive I et forte de Thom Yorke, I mais on ne peut passer I sous silence les bravoures I d’une des toutes meilleures I sections rythmiques du I monde ou celles encore I plus flagrantes d’un jonny | Greenwood, arrangeur doué, bidouilleur d’effets et véritable guitar hero (les sceptiques sont invités à écouter l’outro hendrixienne (5*38) de Paranoid Android) rarement reconnu à sa juste valeur. 5. LE LIVE-ÉVÉNEMENT Depuis le difficile accouchement de The Bends qui avait vu Radiohead partir en tournée entre deux sessions enregistrés. (Rires) C’est un album très démocratique.” Même si l’on reconnaît là la touche d’humour habitueée du bassiste, il n’empêche que cette déclaration recèle une grosse part de vérité. Si le groupe ne se laisse pas aller à la démagogie pour plaire à son public, Radiohead travaille en partie ses compos sur scène, les faisant évoluer au gré de ces tests live, et ne reste pas moins sensible aux réactions de ses fans qui Philip James Selway BATTERIE Né le 23 mai 1967 à Hemingford Grey Anciens jobs : secrétaire dans une maison d’édit : prof d'anglais pour les étrangers État civil : manié, 2 enfants du disque.” Une révélation lourde de sous-entendus lorsque l’on sait que le contrat liant Radiohead à EMI est en passe de se terminer depuis la sortie du 6' album Hail To The Thief. n’hésitent pas à faire des kilomètres pour suivre les nouvelles directions empruntées. chose est en tout cas acquise - au-delà de ses prises de risques musicaux - le groupe n’aime rien faire comme la plupart des autres et ne compte pas se faire étouffer par la machine du music business. Et c’est aussi cela qui maintient l’intérêt de tous depuis plus de 10 ans. Edward John O’Brien GUITARE, CHŒURS, PERCUSSIONS Né le 15 avril 1968 à Oxford Anciens job : barman État civil : Célibataire 6. HORS DES LOIS DU MUSIC BUSINESS En marge de beaucoup de groupes, Radiohead n’a pas non plus hésité à aller à l’encontre de son label. À une époque où ceux-ci prennent généralement une place prépondérante au niveau marketing, en imposant des règles strictes dans le but de vendre un “produit” et non plus un artiste, la bande de Thom Vorke décide pour Kid A de ne sortir aucun single et de n’accepter aucune promo. Attisant d’autant plus la curiosité des médias et du public, l’album s’affiche en haut des charts. Soutenu par la tournée sous un chapiteau lancée par leur soin (une première mondiale !) en septembre 2000 à travers toute l’Europe, le 4' opus reçoit un formidable accueil et déjoue tous les pronostics à son avantage. De la même manière, alors que beaucoup flippent à la simple évocation des mots “téléchargement” et “bootleg”, Radiohead n’a de cesse de répéter sa position quant au piratage de la musique. “Si un groupe sort un disque avec un seul bon titre, ce sera foutu : le titre sera piraté. Si par contre, l’album entier est bon, tout le monde le voudra”, dixit Ed O’Brien. Il y a quelques mois, alors même que Hail To The Thief se retrouvait sur Internet avant sa sortie, le groupe était certes remonté contre celui qui avait réussi à dérober les bandes de l’enregistrement, mais restait serein quant à la suite des événements. Enfin, dernière rébellion à rencontre des majors, Thom Yorke affirmait dernièrement ne plus avoir envie de sortir de CD : “Pour la suite, je pense que j’aimerais juste faire des EP’s parce que j’en ai assez de tous ces trucs qui entourent un album, ce niveau de pression (...) et la manière dont travaille l’industrie 7. UN ARTWORK DE QUALITÉ En plus du producteur Nigel Godrich, un autre personnage pourrait presque s’imposer comme membre du combo à part entière : Stanley Donwood. Ami de Thom rencontré à l’université, et septième -2.Sïmn$ri) #ic6? Beggïngfora break? de Hail To The Thief et qui a lancé avec Thom le concept des blips (mini-clips d’animation proposés sur le web). Également écrivain et publicitaire, Donwood expose, possède son propre site Internet www.slowlvdownward.com et a travaillé sur d’autres pochettes pour Copter (Speak) ou Jackdaw Music (Flutter And Wow). Concernant les clips, l’évolution est identique, même si elle ne repose pas sur un seul homme. À l’époque de Pablo Honey, les vidéos de Creep et Anyone Can Play Guitar se bornaient à un minimalisme absolu. Et même si Pop Is Dead parvenait déjà à s’extirper du lot de justesse, il a fallu attendre l’album The Bends pour vraiment prendre conscience de l’importance des clips chez Radiohead. Que ce soit avec les entrechats tout en apesanteur de Street Spirit, le climat polar de High & Dry ou encore l’énigmatique et surprenant scénario dejust, le groupe parvient à se créer une identité décalée, mais attachante, révélant le plus souvent une inclination pour l’humour noir. Récemment encore, la vidéo de Knives Out reprenait d’ailleurs cette formule en présentant entre autres un pastiche du jeu de société Dr Maboule, avec une vraie fille se faisant chahuter par son chirurgien. Dernier clip en date, There There se distingue également avec un montage image par image astucieux présentant Thom dans un remake cumulé du Petit poucet et des Oiseaux d’Hitchcock. Sfrung up 6v the ænsts ? c Æucfi tête pensante de Radiohead, Dan Rickwood (de son vrai nom) suit le quintet depuis l’opus The Bends et réalise depuis toutes les pochettes et livrets d’albums et de singles, parfois en collaboration avec Thom (sous le nom de Tchock). Garant de leur identité visuelle classieuse depuis cette époque, c’est encore lui qui a peint la pochette DVD COMMERCIALS Sorti initialement en VHS le 27 avril 1998, 7 Télévision Commercials, regroupant les clips de Paranoid Android, Street Spirit, No Surprises, lust, High And Dry, Karma Police et Fc'e Plastic Trees sera disponip e en édition DVD à oa** ' c-4 août. |




